Histoire, culture et patrimoine

Bref aperçu historique de l’Algérie

De par sa position stratégique au carrefour de l’Afrique et de la Méditerranée, l’Algérie, située au centre du Maghreb, a vu de nombreuses civilisations se succéder sur son territoire.

Les premiers indices de la présence humaine en Algérie remontent à plus d’un million d’années (homme de Ain hanech). Les premiers habitants berbères vivaient de l’agriculture, de pastoralisme et de chasse.

Environ 800 ans avant J.C, les Phéniciens fondèrent de nombreux comptoirs sur la côte algérienne.

Pendant les guerres puniques qui ont opposé Carthage à Rome, le roi berbère Massinissa, s’est emparé de Cirta (l’actuelle Constantine) dont il fit sa capitale. Le mausolée d’El Khroub témoigne aujourd’hui de la splendeur de cette époque.

Après la révolte de Jugurtha, petit fils du roi Massinissa, son royaume se morcela et malgré sa farouche résistance contre Rome ,la Numidie, tombée entre les mains des Romains, devint le grenier à blé de l’empire pendant des siècles. De cette période restent comme témoignages de nombreux vestiges archéologiques, notament à Djemila, Timgad,Tipaza et Chechell.

Dès 432, les Vandales sous le commandement de Jenseric, déferlèrent sur le territoire numide. Ils furent à leur tour, mis en déroute par les Byzantins en 533.

En 647, les Arabes, commandés par Okba Ibn Nafaa compagnon du Prophète, s’établirent sous l’étendard de l’Islam, en Algérie. Les tribus berbères adoptèrent l’Islam massivement et contribuèrent largement à son expansion et à son rayonnement jusqu’en Andalousie.

Plusieurs dynasties ont régné entre les VIIIème et XVIème siècles: les Rostomides (776-909), les Fatimides (908-972), les Zirides (972-1148) les Hammadites(1007-1152), les Almoravides (1052-1147), les Almohades (1147-1269)  les Zianides (1235-1554).

Les royautés qui gouvernaient l’Algérie, affaiblies par d’incessantes attaques espagnoles, ont fini par faire appel, en début du XVIème siècle, en 1514, aux frères Aroudj et Kheir Eddine Barberousse. Ces derniers, mandatés par le sultan de Constantinople ont contribué à chasser les Espagnols des côtes algériennes. En 1587,  l’Algérie devint régence ottomane jouissant, cependant, d’une large autonomie.

En 1830, débuta la colonisation française. Depuis cette date jusqu’au déclenchement de la guerre de libération nationale, le 1er novembre 1954, la puissance coloniale a dû faire face à la résistance du peuple algérien. L’indépendance de l’Algérie fut proclamée le 05 juillet 1962.

Quelques repères de l’histoire de l’Algérie

 Préhistoire

Paléolithique moyenCivilisation atérienne (gisement de Bir el-Ater, dans les Némentcha, à 70 km au sud de Tébessa, à l'extrémité est du djebel Onk).
Néolithique ancien " Escargotières " du Constantinois et du Sahara : collines de pierres, les Capsiens sont mangeurs d'escargots.
Récent au Sahara (humide) Civilisation brillante (gravures et peintures rupestres duTassili des Adjers).
XVIe au IXe s avant J.C.les descendants probables des Capsiens entrent en contact avec les " peuples de la Mer " qui leur enseignent techniques égéennes et anatoliennes : le Sahara devient désertique et se vide.

 Epoque Carthaginoise, Epoque Romaine et Royaume de Numidie

Vers -1250Arrivée des Phéniciens et fondation des comptoirs  d'Hippone et Utique.
Vers -510Traité entre Rome et Carthage, Rome reconnaît le monopole commercial de Carthage dans la méditerranée occidentale.
-348 à -306Traités commerciaux punico-romains.
-264 à -146Guerres puniques (-264 -241, -218 -201, -149 -146).
IIIe et IIe avant J.C. Royaumes de Numidie de Syphax, Massinissa et Jugurtha.
-111 à -105Guerre entre Jugurtha roi des Numides et les Romains.
-46 La Numidie devient province romaine.
1 à 429Romanisation de l'Afrique du Nord.
429 à 430Invasion vandale.
533 à 646Conquête byzantine de l'Afrique du Nord.

L’Avènement de l’Islam

647Arrivée des Arabes: Incursion d'Oqba ibn-Nafa. 
776 à 909 La dynastie Rostomide 
908 à 972 La dynastie Fatimide
972 à 1148 Les Zirides
1007 à 1152 Les Hammadites
1052 à 1147 Les Almoravides
1121 à 1235 Les Almohades
1235 à 1556 La dynastie des Zianides

L’autorité Ottomane

 1518Pour lutter contre la menace d'occupation espagnole, Alger fût placée sous la protection du sultan ottoman d'Istanbul   par  Barberousse.
1534-1587Règne des "Beylerbeys" (23 Beylerbeys se succédèrent)
1587-1659Règne des Pachas (40 pachas environ se succédèrent)
1659-1671Règne des "Aghas"  (04 aghas environ se succédèrent)
1671-1710Autorité des Deys-pachas (11 deys se succédèrent)
Alger résiste aux offensives anglaises et françaises (1678,1680,1682,1688)
1710-1830Autorité du Dey (18 se succédèrent, le dernier étant le dey Hocine)

 La colonisation française

14 juin 1830Débarquement des forces françaises sur la côte de Sidi Fredj.
5 juillet 1830Signature de l'accord de soumission par le Dey d'Alger
  1832-1847Révolte de l'émir Abd el-Kader qui fait reconnaître son autorité sur le centre et l'ouest de l'Algérie constitueant ainsi la naissance de  l'Etat algérien.
1830-1840Lutte politique de Hamdane Ben Otmane Khodja
1830-1840Résistance de Ahmed Bey à l'Est Algérien
1834Traité Desmichel conclu entre La France et l'Emir Abd El Kader
1837Traité de la Tafna conclu entre le général Bugeaud et l'Emir Abd El Kader
1846Révolte de Benacer Ben Chohra au Centre et Sud-est
1845-1850Révolte de l'oasis de Zaatcha et Zibane menée par Cheikh Bouziane
1851-1860Révolte de Chérif Boubeghla et Fatma N'soumer au Djurdura et en Kabylie
1864-1884Révolte des Ouled Sidi-Cheikh
1871-1872Révolte de Hadj Mohamed El Mokrani Boumezrag
1877-1912Révolte des Touaregs du Hoggar avec Cheikh Amoud Ben Mokhtar
1912Fondation du mouvement de la jeunesse algérienne dirigé par l'Émir Khaled
Création à Alger de l'Association des Étudiants Musulmans d'Afrique du Nord (A.E.M.A.N.)
 1926Création de l'Étoile  Nord Africaine par El-Hadj Ahmed Messali à Paris
1927Naissance de l'Association des Étudiants Musulmans Nord Africains à Paris (A.E.M.N.A.F.)
 1931Création de l'Association des Oulémas musulmans par Cheikh Abdelhamid Ben Badis.
 1937Création  du Parti du Peuple Algérien par El-Hadj Ahmed Messali à Alger.
1943Le " Manifeste du peuple algérien "  présenté aux alliés par Ferhat Abbas réclame l'égalité entre les communautés musulmane et européenne
08-mai-45Massacres  de  Sétif, Guelma  et  Kherrata, près de 45.000  morts.  
1946Ferhat Abbas crée  l‘Union Démocrate du Manifeste Algérien (U.D.M.A). El-Hadj Ahmed Messali crée le Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques (M.T.L.D.).
1947El-Hadj Ahmed Messali  crée l’Organisation Spéciale.
1 novembre 1954Déclenchement  de  la révolution algérienne.
20 août 1956Congrès  de la Soummam et instauration du C.N.R.A. et du C.C.E.
 1957La  question  algérienne est  inscrite  à  l’ordre du jour de l’O.N.U.
19-sept-58Création du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (G.P.R.A.) présidé par Ferhat Abbas.
1961Ben-Youcef Ben-Khedda préside le 3ème G.P.R.A. 
18 mars 1962Signature des accords d’Evian 
19 mars 1962Proclamation du cessez-le-feu.
avr-62Mise en place de l'Exécutif  Provisoire à Rocher Noir (Boumèrdes)
01-juil-62Référendum  sur  l’autodétermination,  (99.7 % en faveur de l’indépendance).
05-juil-62Proclamation de l’indépendance de l'Algérie.

 L’Algérie indépendante

20-sept-62Élection de la première  assemblée  constituante.
25-sept-62Proclamation de la République Algérienne Démocratique et Populaire.
29-sept-62Constitution du premier gouvernement algérien.
08-oct-62L'Algérie adhère à l'O.N.U.
08-mai-63Adoption par référendum  de  la première Constitution de l'Algérie.
15-sept-63Élection de Ahmed  Ben Bella  à  la  Présidence de la République.
avr-64Adoption de la Charte d’Alger par le 3ème congrès du F.L.N.
19-juin-65Redressement  révolutionnaire; et création du Conseil de la Révolution présidé par Houari Boumediene.
07-mai-66Nationalisation des mines.
05-févr-67Premières  élections locales (A.P.C. et A.P.W.).
mai-67L’armée française quitte les bases de Reggane et Bechar.
1er février 1968Retrait des forces françaises de Mers El-Kebir.
24-févr-71Nationalisation des hydrocarbures.
27 juin  1976Adoption par référendum  de la charte Nationale.  
19-nov-76Adoption par référendum  de la deuxième Constitution de l'Algérie.  
10-déc-76Élection de Houari Boumediene à la Présidence de la République.
27-déc-78Décès  du Président  Houari Boumediene.
07-févr-79Élection de Chadli Ben Djedid, Président de la République.
13-janv-83Réélection du Président Chadli Ben Djedid  à la Présidence de la République (2ème mandat).
05-oct-88Manifestations dans plusieurs villes d'Algérie.
03-nov-88Adoption par référendum  de la révision constitutionnelle. 
22-déc-88Réélection du Président Chadli Ben Djedid  à la magistrature suprême (3ème mandat).
23-févr-89Adoption par référendum  de la troisième Constitution.
12-juin-90Élections municipales, victoire du Front Islamique du Salut (FIS).
26 décembre 1991Élections législatives, victoire du FIS au premier tour.
04-janv-92Dissolution de l'Assemblée Populaire Nationale.
12-janv-92Annulation du deuxième tour des législatives et démission du Président Chadli Bendjedid.
14-janv-92Création d’un Haut Comité d’État (H.C.E.) sous la présidence de Mohamed Boudiaf.
02-févr-92Instauration de l'état d'urgence.
04-févr-92Création d'un Conseil Consultatif National.
29 juin  1992Assassinat  du Président  Mohamed Boudiaf.
02-juil-92Ali Kafi  préside le Haut Comité d'État.
30-janv-94Fin du mandat du H.C.E. Liamine  Zeroual  est désigné Chef  de l’État.
18-mai-94Création du Conseil National de Transition.
16-nov-95Liamine  Zeroual  élu  Président de la République.
28-nov-96Référendum sur la quatrième Constitution de l'Algérie.
05-juin-97Élections législatives pluralistes.
23-oct-97Élections locales pluralistes.
11-sept-98Le Président Liamine Zeroual annonce des élections présidentielles anticipées.
15-avr-99Abdelaziz  Bouteflika élu Président de la République.
16-sept-99Adoption par référendum  de  loi sur la concorde civile.
10-avr-02Constitutionnalisation de Tamazight en tant que langue nationale.
30-mai-02Élections législatives pluralistes, victoire du Front de Libération Nationale.
10-oct-02Élections municipales, victoire du FLN.
08-avr-04Réélection du Président Abdelaziz Bouteflika à la magistrature suprême.
29-sept-05Adoption par référendum de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale.
nov-08Révision de la Constitution.
09-avr-09Réélection du Président Abdelaziz Bouteflika à la magistrature suprême.
févr-11Levée de l'état d'urgence.
10-mai-12Élections législatives. Victoire du Front de Libération Nationale.
17-avr-14Réélection du Président Abdelaziz Bouteflika à la magistrature suprême.

 La Culture Algérienne

L’Algérie possède un patrimoine culturel hérité des diverses civilisations qu’elle a connues à travers son histoire.

 La littérature Algérienne

Livre

 

 

La production littéraire et poétique en Algérie remonte à loin. Elle s’est illustrée par des grands noms consacrés par une reconnaissance internationale. Apulée (vers 125 – vers 170), écrivain romain, auteur de l’ouvrage « L’Âne d’or ou les Métamorphoses » est d’origine berbère, il est né à Madaure en Numidie, aujourd’hui M’daourouch à Souk Ahras au nord-est de l’Algérie.

Les écrits théologiques de Saint Augustin (354-430) et la Muqadima d’Ibn Khaldoun, dont la première partie a été écrite lors de son séjour à Frenda dans la wilaya de Tiaret (située à l’ouest d’Alger) entre 1375 et 1379 et les nombreux manuscrits de grammaire, exégèse du coran, d’agriculture et de médecine appartiennent au patrimoine littéraire algérien.

Durant la période coloniale et après l’indépendance de l’Algérie, des hommes et des femmes de lettres se sont distingués dans le monde littéraire.

Parmi eux les écrivains et poètes arabophones: Bachir Ibrahimi, Ben Badis, Mohamed Benchneb, Moubarek El Mili, Ahmed Rédha Houhou (premier écrivain algérien à avoir publié un roman en langue arabe en 1947), Abou El Kacem Sadallah, Aboulaïd Doudou, Moufdi Zakaria (auteur de l’hymne national Kassaman, composé en prison en 1955), Mohamed Laid Al Khalifa, Mohamed Lakhdar Essayhi, Zhor Ounissi, Abdelhamid Benhadouga, Tahar Ouettar, Azzedine Mihoubi, Amine Zaoui, Rachid Boudjedra, Ouassini Laredj, Ahlam Mosteghanemi et Abou El Kacem Khammar.

L’Algérie compte également de nombreux écrivains d’expression française dont Kateb Yacine, Mouloud Feraoun, Mohamed Dib, Frantz Omar Fanon, Marie Louise Taos Amrouche (première femme algérienne romancière, avec Jacinthe noire , publié en 1947), Mouloud Mammeri, Malek Haddad, Tahar Djaout, Djamel Amrani, Rachid Boudjedra, Rachid Mimouni, Ouassini Laredj, Amin Zaoui, Yasmina Khadra, Maissa Bey et Assia Djebbar.

Cette dernière a été élue en 2005 à l’Académie française. Elle est la première femme arabe à avoir intégrer cette auguste institution française. Plusieurs de ses romans ont été traduits en langues anglaise, espagnole, Italienne, allemand et d’autres.

Pour en savoir plus sur la littérature algérienne et les écrivains algériens, consulter le site web http://www.dzlit.fr/

 La musique

minilutherie

 

 

La musique algérienne est connue pour la diversité de ses styles et la richesse de son répertoire.

  • La musique arabo-andalouse, considérée comme la musique classique algérienne, est fondée sur le système des noubas inventé par le virtuose musicien Baghdadi Ziryeb (789-857), créateur de la tradition musicale de l’Espagne musulmane.
    Elle a trois variantes : le Ghernati de Tlemcen( Cheikh Larbi Bensari qui a représenté l’Algérie au premier congrès de musique arabe tenu au Caire en 1932), El Hadj El Ghaffour), le Sa’naa d’Alger (Mahieddine Bachtarzi,Dahmane Benachour, Cheikha Tetma, Fadila Dziria, Abdelkrim Dali) et le Malouf de Constantine (El Hadj Mohamed El Fergani, Hassan El Annabi, Hamdi Bennani).
  • La Musique Haouzi  est une variante poético-musicale de la musique arabo-andalouse qui a fait son apparition dans la ville de Tlémcen en Algérie. Contrairement à la musique andalouse qui utilise l’arabe classique, le Haouzi est interprété dans une poésie dialectale imprégnée du langage populaire.
  • La musique chaabi, issue de la musique arabo- andalouse, est née dans les quartiers populaires d’Alger dans la première moitié du XXème siècle. Elle est interprétée dans la langue populaire, dialecte de la capitale (d’où son nom de chaabi qui signifie « populaire » en arabe) par des maîtres parmi lesquels : Hadj M’Hamed El Anka, Maâzouz Bouadjadj, Boudjemaâ El Ankis, El Hachemi Guerouabi, Dahmane El Harrachi, Slimane Azem, Abdelkader Chaou, Amar Laachab, Amar Zahi, Abderrahmane Koubi, Abdelmadjid Meskoud.
  • La musique staifi  est une musique populaire basée sur le rythme zendali . Parmi ses interprètes citons à titre d’exemples Bekakchi El Kheir, Samir Staifi, Bentoumi Mohamed, Djamel Nordine.
  • La musique chaouie est un style musical traditionnel de la région des Aurès qui s‘exprime tantôt en arabe, tantôt en chaoui. Parmi ses interprètes citons à tire indicatif : Katchou, Hamid Belbeche, Aissa Djarmouni, Ali El Khencheli, Hadj Bouragaa, Khaled, Teldja, Zoulikha, Nacreddine Hora, Massinissa.
  • La musique sahraouie est à l’origine une musique bédouine fondée sur le bendir et le jawaq (la flûte). Parmi ses interprètes, citons à titre d’exemple : Ahmed Khelifi, Abdelhamid Ababsa, Menai Ahmed, Amar Bar, Rah Tahar, Bachir Sahraoui, Rabah Driassa, Noura.
  • La musique oranaise et le rai : la musique oranaise tire sa spécificité par le mélange harmonieux entre le bedaoui traditionnel et le moderne. Ces principaux maîtres sont Ahmed Wahbi, (chanteur compositeur), Blaoui Houari.
    Le rai est né dans la région d’Oran, il s’exprime en arabe dialectal. C’est une forme musicale qui résulte de l’union de la musique bédouine, des sonorités latines et arabo-andalouses. Parmi les grands noms liés à ce genre musical : Cheikha Remiti, Cheikh Khaldi, Cheikh Hamada, Ahmed Saber, Zehouania, Bellemou, Houari Benchenet, Rachid et Fethi Baba Ahmed, Hasni,  Khaled,  Mami et Fadila Sahraoui.
  • La musique Gnawa est une musique ancestrale qui provient de l’Afrique subsaharienne. Elle est chantée par un maalem (maître) sur une musique à base de guembri, de tbel et karkabous. Les interprètes les plus connus de cette musique sont Othmane Bali et Hesna El Bacharia.
  • La Musique kabyle  issue de la tradition orale qui dérive en partie de l’achewiq. Parmi les interprètes de musique kabyle: Slimane Azem, Cheikh El Hesnaoui, Akli Yehyathen, Hssissen, Cherif Kheddam, Cherifa, Nouara, Djamila, Idir, Ait Menguellat, Maatoub Lounes, Kamel Hamadi, Djamel Allam et Malika Domrane.

 Le cinéma

Rachida (2002) Film franco-algérien de Yamina Bachir-Chouikh

Rachida (2002)
Film franco-algérien de
Yamina Bachir-Chouikh

Le cinéma algérien est né après l’indépendance. Les thèmes dominants des films de cette période traitaient du colonialisme et du mouvement de libération nationale. C’est le cas, par exemple du film « Chronique des années de braise» de Lakhdar Hamina (Palme d’or au Festival de Cannes, en 1975). Ce film est l’un des premiers après l’indépendance à connaître une diffusion mondiale sur le thème de la guerre d’Algérie.

Des cinéastes français, acquis à la cause nationale ont contribué au développement du cinéma algérien, comme Réné Vautier (Avoir vingt ans dans les Aurès, 1972) et Jacques Charby (Une si jeune paix, 1964).

Puis apparait un cinéma plus sociétal, avec des films comme « Leila et les autres » de Sidi Ali Mazif, « la Nouba des femmes du Mont Chenoua » d’Assia Djebbar ou encore « Ali au pays des mirages » d’Ahmed Rachedi (1978).

De nombreux cinéastes algériens ont fait connaître le cinéma algérien, parmi eux: Ahmed Rachedi (L’opium et le bâton, 1969), Mohamed Bouamari (Le charbonnier, 1972), Amar Laskri (Patrouille à l’est,1968), Lamine Merbah (Les déracinés, 1976), Ghaouti Benddedouche (Hassan Nya, 1988) Merzak Allouache (Omar gatlatou, 1976), Nadir Moknache ( Le harem de madame Osmane, 2009), Rabah Ameur Zaimeche (Wesh,wesh 2001), Abdelkrim Bahloul (Le thé à la menthe,1985) Mahmoud Zemmouri ( Prends 10000 balles et casse toi, 2001), Yamina Chouikh (Rachida, 2002), Rachid Bouchareb (Bâton rouge, 1985) et Belkacem Hadjadj (El Manara ,2004).

 Le théâtre

Les précurseurs du théâtre algérien sont Mahiedine Bachtarzi (acteur, auteur et chanteur d’opéra), Rachid Ksentini (considéré comme le père du théâtre algérien en langue arabe), Habib Réda (comédien à la scène et à l’écran) et la comédienne Keltoum.

Engagés dans la lutte de libération nationale, leurs troupes théâtrales ont sillonné  l’Algérie, voire même le monde pour faire connaître le combat pour la libération du pays.

A l’indépendance, le théâtre va refléter la vie quotidienne  avec Kateb Yacine (L’Homme aux sandales de caoutchouc, 1970), Abdelkader Alloula (El Alleg, 1969), ou plus tard avec Azzedine Madjoubi (Le monde des insectes, 1993).

 La peinture

Les différents sites archéologiques attestent de la présence millénaire de cet art pictural, notamment, les fresques rupestres du Tassili, dont les chercheurs datent la création entre 5000 et 1000 ans avant JC

La beauté et la diversité des paysages ont  inspiré de nombreux artistes, en premier les Orientalistes entre le XIXe et le XXe siècles, à l’image d’Eugène Delacroix avec son célèbre tableau « Femmes d’Alger dans leur appartement » ainsi qu’Étienne Dinet (devenu Nassr Eddine Dinet) et ses magnifiques peintures de Bou Saâda ou encore d’autres peintres de renommée mondiale comme Jean Renoir ou Pablo Picasso avec son tableau « Femmes d’Alger ».

Mohamed Racim, qui s’est inspiré de l’héritage islamique, est le fondateur de l’école algérienne de miniature.

Ses nombreux disciples ont perpétué sa tradition, parmi lesquels Mohamed Temmam, Ali Khodja , Mohamed Ghanem et Boubekeur Sahraoui.

La peinture dite figurative est présente dans les toiles colorées de Ahmed Kara et de Mohamed Bouzid, qui a aussi réalisé le sceau de l’Algérie ou plus dramatiques, d’Ismail Samsom, Aicha Haddad, Souhila Belbahar ou Moussa Bourdine.

L’expressionniste, est dominée par l’œuvre de M’hamed Issiakhem.

La peinture dite naïve se retrouve dans les œuvres remarquables de Baya et Benaoura.

La peinture dite abstraite apparait dans les œuvres, entre autres, de Mohamed Khadda, Abdelhak Belanteur, Moncef Guita et Chagrane.

 L’artisanat algérien

L’art traditionnel en Algérie est plusieurs fois millénaire et porte l’empreinte spécifique de chaque région.  Il s’exprime principalement à travers la poterie, la céramique, le tissage, la maroquinerie, la vannerie, la dinanderie, le travail du verre et du bois.

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 La poterie

 

La poterie algérienne est extrêmement riche. Avec ses formes variées et ses décorations élégantes, elle constitue l’un des symboles du patrimoine artisanal de l’Algérie. On l’a rapprochée de la poterie phénicienne, grecque, chypriote, étrusque et même égyptienne, mais les traces les plus anciennes de cette poterie remontent à des époques antérieures à la naissance des civilisations méditerranéennes.

 

Ce fut dans les régions les plus exposées aux influences étrangères successives ( Phénicienne, Romaine et Arabe) que la poterie a subi le plus d’influences.

Les Berbères  connaissaient probablement, bien avant l’arrivée des Musulmans, le tour du potier, qui permettait de fabriquer rapidement la poterie.  La poterie berbère continue à être fabriquée avec des techniques similaires à celles qui étaient utilisées il y a des milliers d’années, notamment en Kabylie, dans le nord Constantinois (Jijel, Mila), dans les Aurès et  à Tipaza.

 

La céramique

 

ceramique

La céramique algérienne est une forme plus affinée et artistique de la poterie rurale. Marqué par les influences phénicienne et romaine, cet art fleurira et se développera surtout à l’époque musulmane, pendant le règne de la dynastie Hammadite dans la Kalaa des Beni Hammad.

Les Musulmans rentrés d’Espagne ont apporté leurs touches à la céramique artisanale. De nos jours, la céramique d’art reste l’un des secteurs d’artisanat les plus productifs. Il ne cesse de s’enrichir grâce à de jeunes artisans créatifs et l’arrivée de nouvelles techniques de fabrication. 

Aujourd’hui, la céramique algérienne est basée essentiellement à Alger,mais on la retrouve également dans d’autres villes comme Tlemcen, à l’ouest du pays. Elle est dominée par les motifs arabesques comportant des décorations végétales multicolores, la calligraphie, les peintures rupestres du Tassili et les motifs berbères géométriques.

Tissages et tapis

 

 

les tissages

 

Les tissages algériens sont d’une grande diversité. Les tapis à points noués, épais et aux grandes dimensions, les hambels (couvertures et jetés de lits), coussins et vêtements  sont tissés dans toutes les régions du pays. Le motif berbère original a été enrichi par les apports  de l’art musulman et oriental.

A titre d’illustration de cette diversité, on peut citer les tapis de Tlemcen, du M’Zab, de la Kalaâ, de Guergour, du djebel Amour, des Nememchas et d’Aflou.

La maroquinerie

 

maroquinerie

 

La maroquinerie a été pratiquée en Algérie depuis des siècles. Aujourd’hui, on  retrouve la production artisanale, principalement, dans les Hauts Plateaux et dans le sud, principalement dans la région targuia. Souple et très résistant, le cuir est utilisé dans la fabrication de divers objets et accessoires.

maroquinerie

 Les meubles traditionnels

 

meubles traditionnels

Les meubles traditionnels en bois sont présents aussi bien dans les villes que dans les campagnes et chez les Touareg.

Au XVème siècle, l’art du bois était essentiellement urbain car les exigences de décoration, d’ornementation et de technique étaient l’apanage d’artisans qui s’appliquaient à réaliser des pièces destinées à une élite qui résidait dans les grandes villes (Tlemcen, Béjaïa, Alger, Constantine…).

Le bois tourné

 

bois tourne

L’artisanat du bois tourné est encore pratiqué dans de nombreuses régions d’Algérie. Le bois, matériau essentiel dans la vie des gens du nord du pays, a toujours servi pour la fabrication d’ustensiles et d’outils utilisés dans  la vie quotidienne.

La vannerie

 

La vannerie

La vannerie est pratiquée dans toutes les régions de l’Algérie. Différentes matières premières (osier, alfa, rotin, etc.) sont utilisées pour fabriquer toutes sortes de meubles et d’objets (paniers, nattes, plateaux, corbeilles etc….). Dans certaines régions, la vannerie est décorée de fils de laine colorés.

L’Algérie a développé ce métier grâce à la prolifération de l’alfa, l’osier, du raphia, rotin et palmier nain. 

Les instruments de musique

 

instruments

De ceux archaïques de la musique saharienne à ceux de la musique andalouse, venus d’Orient, divers instruments de musique sont fabriqués en Algérie.

Blida, Alger et Tlemcen se sont distinguées dans la fabrication d’instruments de musique comme les ghaytas, luths, qanouns et flûtes.

 

La dinanderie

 

dinanderie

La dinanderie est un artisanat principalement citadin. Les objets en cuivre étaient jadis très utilisés dans les foyers des gens aisés des grandes villes algériennes.

Durant leur présence en Algérie, les Turcs organisèrent la corporation des dinandiers en lui impulsant un développement remarquable. Les artisans relevaient  d’un « amine » (secrétaire) qui était directement placé sous l’autorité du « gaïd el-blad » (commissaire de la ville), haut fonctionnaire proche du Dey. C’est alors que des quartiers entiers étaient dédiés à cet artisanat appelé « Zankat en nhass« .

En matière de forme et de décor, la Turquie et la Perse constituent la principale source d’inspiration. Les grands centres de fabrication de la dinanderie sont Alger, Constantine et Tlemcen.

 

Le travail du verre

 

Le travail de verre

Le travail du verre s’est surtout développé durant la domination turque. Aujourd’hui, de jeunes artisans le perpétuent et l’enrichissent par l’introduction de nouvelles techniques de fabrication.

 

Patrimoine immatériel

Plus de 250 fêtes locales sont célébrées annuellement à travers les différentes régions du pays, parmi lesquelles:

Tafsit de Tamanrasset

Trois jours durant, les populations du Hoggar se retrouvent à Tamanrasset pour fêter la venue du printemps. Des spectacles de troupes folkloriques sont organisés à travers les artères de la ville. Des défilés de mode et des concours de beauté se déroulent également  à cette occasion pour élire « Miss Hoggar » et le meilleur targui de la région.

S’biba de Djanet

A Djanet, la capitale du Tassili, la fête religieuse d’El Achoura célèbre  le pacte de la paix scellé il y a près de trois milles ans ainsi que de nouvelles alliances. A cette époque, régnait une guerre fratricide entre des tribus targuies. Ce n’est qu’en apprenant la victoire de Moïse sur les Pharaons qu’ils consentirent à mettre fin à leurs conflits et scellèrent un pacte de paix qui, depuis les unit.
Des  combats reconstituant la dernière bataille à la suite de laquelle le pacte de la paix a été signé, se déroulent à cette occasion au rythme de chants de femmes entrecoupés de youyous pour encourager les guerriers.

S’sboue de Timimoun

La région du Gourara est connue pour ses fêtes où les chants traditionnels des groupes « Ahellil » sont omniprésents. Se déroulant à l’occasion du mawlid ( la naissance du prophète Mohamed). Le S’Boue est une fête qui dure sept jours et sept nuits. Le septième jour, l’ensemble des populations des k’sours de la région se retrouvent autour de la zaouia de Cheïkh El Hadj Belkacem pour un grand rassemblement où les étendards des confréries sont exhibés au rythme des chants d’Ahellil.
La célébration de cette fête est aussi une occasion de retrouvailles pour la population locale pour régler les différents qui ont pu surgir au cours de l’année et sceller de nouvelles alliances.

Mawlid de Béni Abbés

En remontant vers Béchar, la belle oasis de Béni Abbés célèbre avec faste la naissance du Prophète. Le jour du Mawlid, la placette de la ville accueille une animation particulière au rythme de karkabou ( sorte de castagnettes) et de danses locales. Cette fête religieuse est aussi une occasion pour la circoncision des enfants et de rencontres entre les familles de la Saoura.

Maoussim de Taghit :

La région de la Saoura vit aussi, à la fin du dernier week-end du mois d’octobre, au rythme du « Maoussim de Taghit ». Une fête dédiée à la datte et aux offrandes pour les plus démunis. La récolte de la datte est ainsi une occasion pour réunir l’ensemble des voisins de la Saoura autour de cette fête vieille de plus de 19 siècles. Les habitants et les touristes vivent  au rythme de la musique du bendir, du goumbri et de chants en chœur.

La Ouaada de Sidi Ahmed El Medjdoub

Célébrée durant le second week-end du  mois d’octobre, la Ouaâda de Sidi Ahmed El Medjdoub se déroule dans la commune d’Asla (wilaya de Nâama) en l’honneur de Sidi Ahmed El Medjdoub, un saint homme qui a vécu au 15ème siècle.
Cette fête est organisée par la tribu des Medjadba.  Des exhibitions de fantasia ,  des concours de poésie et  une grande manifestation commerciale sont organisées à cette occasion.

La fête du tapis de Ghardaïa

Dans la vallée du M’Zab, les vacances de printemps sont une occasion de retrouvailles pour les différents artisans du territoire national qui viennent vendre et exposer leurs tapis. Animée par des troupes de karkabou où le baroud est à l’honneur, cette fête est ponctuée par l’organisation de visites touristiques à travers les cinq villes de la métropole de la vallée du M’Zab où Béni Izguen se retrouve à l’honneur avec son célèbre marché de vente à la criée.
Plus qu’une fête traditionnelle, cette fête est un concours artistique où les artisans se surpassent.

Fantasia de M’Doukal

Durant le premier week-end du moi de mai, la fête est aussi au rendez-vous dans la région des Aurès où les palmeraies et K’sour de la ville de M’Doukal, se trouvant à une dizaine de kilomètres des  balcons du Ghoufi, vivent au rythme d’exhibitions de fantasia avec des cavaliers habillés en tenues traditionnelles.
L’Ombre du chanteur populaire Aissa El Djermouni est omniprésente durant les trois journées de cette fête où des concours de « Chiir el Malhoun », la poésie populaire y sont organisés.

Fête de Daghmouli

Autour du mausolée de Moulay Abderrahmane, les tribus du Hoggar : Kel-Rela, Kel-Rebla, Kel-Abagar, Issabaten et Tedjiène – affluent pour célébrer le Daghmouli (l’aurore de sainteté) en hommage aux touaregs du Hoggar (vraisemblablement la tribu Dlmenan) qui s’est révoltée contre les Français en 1902. La ziara (visite du mausolée) dure deux jours à dates fixes, le mois de mai.

Fête de la poterie à Ath Khlilli :

Au village de la région de Mâatkas au sud de Tizi-Ouzou, la poterie est a l’honneur. Le métier dans cette localité est essentiellement féminin. Les femmes d’Ath Khlilli sont réputées pour la qualité de leurs poteries aux décorations issues de la symbolique berbère.

Fête du bijou en argent à Ath Yenni

Du 27 juillet au 4 août, les Ath Yenni fêtent leurs bijoux d’argent sertis de corail, agrémentés d’émail jaune (pour le soleil), de vert (pour la nature) et de bleu (pour le ciel), dans leur village perché à plus de 900 mètres sur les hauteurs du Djurdjura. Ces bijoux kabyles ont été primés, notamment au Canada et aux Etats-unis.

Fête du corail d’El Kala

Dans cette ville de l’extrême est algérien, limitrophe avec la Tunisie, la fête du corail rassemble pêcheurs, artisans et autres commerçants au mois d’août. Le corail algérien, régénéré rapidement après la pêche, est exporté. Ici, comme à Bèjaïa, il est réputé pour sa qualité et la rareté de ses tons rosés.

Autre richesse de la région, le bois de bruyère servant à la fabrication des pipes.

 
Décret exécutif n° 03-297 du 13 Rajab 1424 correspondant au 10 septembre 2003 fixant les conditions et les modalités d’organisation des festivals culturels. [Page 12]
Ordonnance n° 67-281 du 20 décembre 1967 relative aux fouilles et à la protection des sites et monuments historiques et naturels [Page 50]
Décret exécutif n° 03-323 du 9 Chaâbane 1424 correspondant au 5 octobre 2003 portant modalités d’établissement du plan de protection et de mise en valeur des sites archéologiques et de leur zone de protection (PPMVSA). [Page 12]
Décret exécutif n° 06-155 du 13 Rabie Ethani 1427 correspondant au 11 mai 2006 fixant les conditions et modalités d’exercice du commerce des biens culturels mobiliers non protégés, identifiés ou non identifiés. [Page 5]
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